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conseils & astuces 05/06/2020

L’histoire de l’obsolescence programmée en quelques points

Un smartphone dépassé en quelques semaines, de nouveaux modèles d'appareils ménagers dévoilés à quelques mois d'intervalle... L'obsolescence programmée encourage la consommation excessive. Voici son histoire.
obsolescence programmee cuisine

D’où vient ce terme

L’histoire de l’obsolescence programmée n’est pas nouvelle. En 1932, l’américain Bernard London propose l’idée de relancer l’économie, fortement touchée par la crise de 1929, grâce à l’obsolescence programmée. Dans les années 1950, cette pratique devient courante, sous l’impulsion du designer américain Brooks Stevens qui a compris l’enjeu économique de ce phénomène. Il popularise alors la notion de tendances pour les objets et produit chaque année de nouveaux modèles au look inédit. Acheter la dernière voiture à la mode, s’équiper du réfrigérateur combiné dont tout le monde parle… ces gestes se démocratisent très vite.

obsolescence programmee cuisine

En quoi consiste l’obsolescence programmée ?

L’histoire de l’obsolescence programmée débute par une volonté commune des économistes et designers d’encourager le renouvellement des produits et de créer un effet de mode, qui rendrait démodé un objet ancien.Au fil des décennies, les pratiques ont été perverties par la volonté de réduire les coûts et d’encourager l’achat régulier. Les consommateurs ont remarqué que :

  • Les produits avaient une durée de vie volontairement réduite par les fabricants ;
  • Les pièces de rechange, en cas de panne, n’étaient plus disponibles après quelques années ;
  • Les marques proposaient encore et toujours de nouveaux objets et appareils, incitant le consommateur à se le procurer, même si l’ancien fonctionnait toujours.

En 2010, un documentaire de Cosima Dannoritzer pointe du doigt le phénomène. Prêt à jeter dénonce cette pratique et relance le débat sur les effets nocifs de l’obsolescence programmée. C’est en 2012 que l’ADEME (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) donne une définition au phénomène dans son Étude sur la durée de vie des équipements électriques et électroniques.Elle distingue deux types d’obsolescence programmée :

  • L’obsolescence fonctionnelle, qui « correspond au fait qu’un produit ne réponde plus aux nouveaux usages attendus, pour des raisons techniques, règlementaires et/ou économiques ».
  • L’obsolescence d’évolution ou de mode, lorsqu’un « produit ne répond plus aux envies des utilisateurs qui souhaitent acquérir un nouveau modèle du fait d’une évolution de fonctionnalité ou de design ».

Le second point est parfaitement illustré par l’engouement de nombreux consommateurs pour les nouveaux iPhone ou smartphone Samsung, par exemple.Source : ADEME

La loi qui encadre ce phénomène

En France, le gouvernement s’est penché sur ce phénomène dès 2013, avec une première proposition de loi présentée au Sénat le 18 mars par le groupe Europe Écologie Les Verts. L’article 99 de la loi sur la transition énergétique est finalement adopté le 22 juillet 2015. C’est un nouveau chapitre dans l’histoire de l’obsolescence programmée des objets électriques et électroniques. Dès lors, l’obsolescence programmée devient un délit punissable de :

  • jusqu’à 2 ans de prison ;
  • jusqu’à 300 000 euros d’amende, pour un individu ;
  • jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires annuel pour une entreprise.

Une nouvelle définition est donnée à ce phénomène : « L’obsolescence programmée se définit par l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement. »

Exemples d’obsolescences programmées

L’histoire de l’obsolescence programmée dans le monde nous démontre que le phénomène a été savamment organisé dès les 1920. Le premier exemple est donné par le « Cartel Phœbus », qui commercialisait des ampoules à incandescence dont la durée de vie ne pouvait excéder les 1000 heures. Ce qui a été démenti par la suite.De nos jours, l’obsolescence programmée des objets électroniques et électriques touche particulièrement :

  • Les imprimantes, autrefois équipées de puces qui comptaient le nombre d’impression et qui « tombaient en panne » dès la limite atteinte. Cette pratique est interdite depuis 2006.
  • Les ordinateurs, dont les microprocesseurs deviennent rapidement obsolètes du fait des constantes innovations.
  • Les smartphones : de nouvelles générations font constamment leur apparition, rendant les anciennes versions obsolètes, plus lentes ou encore inutilisables en raison d’accessoires incompatibles.

De plus, il est important de noter que les appareils bon marché, confectionnés avec des pièces à bas coût, sont immédiatement frappés par une obsolescence fonctionnelle. La qualité a irrémédiablement un coût.

Que font les fabricants pour y remédier ?

De nombreux fabricants, dont le français SEB, se sont engagés à réduire l’obsolescence programmée de leurs appareils. Les actions diffèrent d’une marque à l’autre. Pour le spécialiste des friteuses, robots, autocuiseurs et autres fours, l’engagement passe par :

  • Des appareils entièrement démontables que l’on peut réparer (au lieu de les jeter) ;
  • Une grande robustesse ;
  • Des articles dont l’aspect évolue peu : la cocotte-minute SEB en est un bel exemple.

Pour la majorité des marques engagées, rendre l’article robuste et réparable est le premier pas dans cette lutte. Toutefois, la réparation doit avoir un coût raisonnable.

Comment bien acheter un appareil ?

L’histoire de l’obsolescence programmée vous aura appris à bien penser un achat. Pour cela, vous pouvez :

  • Vous tourner vers des marques engagées, dont certaines sont évaluées sur le site de l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) ;
  • Souscrire une garantie supplémentaire ;
  • Bien regarder l’étiquette énergétique, qui sera pourvue d’un « indice de réparabilité » dès 2021, après l’entrée en vigueur de la loi anti-gaspillage.